Chaussures orthopédiques : remboursement à 60 % ou 100 %, mais un reste à charge à vérifier
Oui, certaines chaussures orthopédiques sont remboursées, mais pas toutes. La prise en charge dépend d’abord de leur statut médical, qu’il s’agisse de chaussures sur mesure, de chaussures thérapeutiques de série ou de chaussures de confort. Avant d’acheter, le point à vérifier est donc la prescription, la catégorie LPP et le taux appliqué par l’Assurance Maladie, puis ce que votre mutuelle peut compléter.
Ce qui peut être remboursé, et ce qui ne l’est pas
Le remboursement ne concerne pas une chaussure simplement plus agréable à porter, mais un dispositif médical destiné à répondre à une pathologie ou à une déformation du pied. C’est cette justification médicale qui ouvre, ou non, une prise en charge par la Sécurité sociale.
Chaussures orthopédiques sur mesure
Les chaussures orthopédiques sur mesure sont réalisées pour un patient précis, généralement par un podo-orthésiste, lorsque les chaussures du commerce ou les chaussures thérapeutiques de série ne suffisent pas. Elles peuvent être indiquées en cas de déformation importante, d’inégalité, d’amputation partielle, de troubles neurologiques ou de risques d’appui sévères.
Dans ce cas, on parle souvent de grand appareillage. La prise en charge est plus encadrée, avec une prescription adaptée et une inscription à la Liste des Produits et Prestations, appelée LPP. Sans ce cadre, le remboursement devient beaucoup plus incertain.
CHUT, CHUP et chaussures thérapeutiques de série
Les chaussures thérapeutiques de série se divisent notamment en deux familles : les CHUT, chaussures thérapeutiques à usage temporaire, et les CHUP, chaussures thérapeutiques à usage prolongé. Les premières répondent à un besoin limité dans le temps, par exemple après une intervention ou en présence d’une lésion à protéger. Les secondes s’inscrivent dans une prise en charge plus durable, avec un usage qui accompagne la situation médicale sur une période plus longue.
Elles ne sont pas fabriquées entièrement sur mesure, mais elles doivent correspondre à une indication médicale reconnue. Leur remboursement dépend de leur inscription à la LPP et de la prescription. C’est ce cadre qui les distingue d’une simple chaussure adaptée au confort du quotidien.
Chaussures de confort : attention à la confusion
Une chaussure large, souple, amortissante ou vendue comme “confort” n’est pas automatiquement remboursable. Même si elle soulage réellement au quotidien, elle n’est prise en charge que si elle répond à une catégorie reconnue comme dispositif médical remboursable. C’est une source fréquente de mauvaise surprise : le prix peut être élevé, mais sans code LPP ni prescription conforme, l’Assurance Maladie ne rembourse pas.
Les conditions à réunir avant l’achat
La règle la plus importante est simple : la prescription médicale est obligatoire. Acheter d’abord et demander ensuite le remboursement expose à un refus, surtout lorsque la chaussure n’entre pas clairement dans une catégorie prise en charge. Dans la pratique, mieux vaut donc sécuriser le dossier avant de passer commande.

Qui peut prescrire ?
Selon le type de chaussure et la situation médicale, la prescription peut relever d’un médecin généraliste ou d’un spécialiste. Pour les chaussures orthopédiques sur mesure, le parcours est généralement plus formalisé, car il s’agit d’un appareillage adapté à une pathologie précise. La première prescription et le renouvellement peuvent aussi obéir à des règles différentes, ce qui explique pourquoi deux situations apparemment proches ne donnent pas toujours le même résultat.
Le professionnel qui délivre l’appareillage doit vous aider à identifier le bon code LPP, à établir un devis si nécessaire et à vérifier les documents à transmettre à la CPAM ou à la MSA. Ce point évite les erreurs de code, les retards de traitement et les refus pour dossier incomplet.
ALD, accident du travail et taux à 100 %
Le remboursement standard par l’Assurance Maladie est souvent calculé à 60 % de la base de remboursement. Il peut atteindre 100 % dans certaines situations, notamment si la chaussure est en lien avec une ALD reconnue ou un accident du travail. Ce 100 % ne signifie toutefois pas toujours “zéro euro à payer” : il s’applique à la base LPP, pas forcément au prix réellement facturé.
Le bon réflexe consiste à vérifier trois éléments avant de valider un modèle : la prescription, le code LPP et la base de remboursement. Si l’un des trois manque, le dossier devient fragile. Si les trois sont cohérents, la demande est beaucoup plus simple à traiter, que ce soit pour une première paire ou pour un renouvellement.
Montants remboursés : lire la base LPP sans se tromper
Le montant remboursé ne se calcule pas uniquement sur le prix payé. Il dépend d’une base de remboursement, parfois appelée BRSS ou base LPP. L’Assurance Maladie applique ensuite son taux, le plus souvent 60 % ou 100 % selon votre situation. Le reste dépend alors du tarif pratiqué et du niveau de garantie de votre mutuelle.
| Type de chaussure | Principe de prise en charge | Repères de bases LPP |
|---|---|---|
| Chaussures orthopédiques sur mesure | Remboursement sur prescription et inscription LPP | Bases pouvant notamment atteindre 735,04 € ou 808,94 € selon la catégorie |
| CHUT | Usage temporaire, besoin médical ponctuel | Bases variables, avec des montants comme 25,88 €, 28,05 € ou 28,86 € selon les modèles |
| CHUP | Usage prolongé, indication durable | Bases variables, avec des montants comme 50,62 €, 55,02 € ou 71,65 € selon les références |
| Chaussures de confort | Pas de remboursement si elles ne sont pas un dispositif médical inscrit | Aucune base LPP applicable |
Ces montants sont à comprendre comme des repères de base de remboursement, et non comme un prix garanti en magasin. Pour vérifier une référence, vous pouvez consulter la recherche de la Liste des Produits et Prestations sur ameli.fr ou demander au professionnel de santé le code correspondant. Cette vérification évite de confondre un prix affiché et un montant réellement pris en charge.
Exemple simple de calcul
Si la base LPP d’un dispositif est de 118,98 € et que votre taux est de 60 %, l’Assurance Maladie rembourse 60 % de cette base. Le reste dépend alors du prix facturé et du niveau de garantie de votre mutuelle. Si votre situation ouvre droit à 100 %, la caisse rembourse la base entière, mais un dépassement de prix peut encore rester à votre charge. Autrement dit, le taux de prise en charge ne suffit pas à lui seul pour connaître le montant final.
Renouvellement, réparations et nombre de paires
Le renouvellement est encadré, car les chaussures orthopédiques ne sont pas considérées comme un achat libre renouvelable à tout moment. La fréquence dépend notamment de l’âge, de l’évolution de la pathologie et du type d’appareillage. Il faut donc regarder à la fois la date de délivrance et la situation médicale du patient.
- Première année : certaines situations permettent la prise en charge de 2 paires la première année.
- Adulte : le rythme courant est ensuite d’1 paire par an, sous réserve de prescription et de justification.
- Moins de 18 ans : le renouvellement peut être plus fréquent, avec jusqu’à 2 paires par an selon les cas.
- Moins de 6 mois : les règles peuvent être adaptées lorsque la croissance ou la situation médicale l’exige.
- Réparations : certaines réparations peuvent être prises en charge, avec un repère de 3 réparations par an.
Le bon réflexe est de conserver les anciennes factures, les ordonnances et les dates de délivrance. En cas de renouvellement anticipé, la caisse peut demander une justification médicale : usure anormale, modification morphologique, évolution de la pathologie ou besoin fonctionnel nouveau. Plus le dossier est clair, plus le traitement du remboursement est fluide.
Mutuelle, tiers payant et solutions en cas de reste à charge
La mutuelle intervient après l’Assurance Maladie. Son rôle est de compléter tout ou partie du reste à charge, selon votre contrat. Certaines garanties expriment leur remboursement en pourcentage de la BRSS, d’autres prévoient un forfait annuel pour l’appareillage ou les dispositifs médicaux. Le niveau de couverture varie donc fortement d’un contrat à l’autre.
Comparer la garantie utile, pas seulement le prix de la mutuelle
Pour anticiper votre dépense, demandez un devis mentionnant le prix, le code LPP, la base de remboursement et le montant attendu de l’Assurance Maladie. Transmettez-le ensuite à votre mutuelle pour obtenir une estimation écrite. C’est particulièrement important si le prix dépasse largement la base LPP : une garantie à 100 % de la base ne couvre pas forcément 100 % du prix réel. Ce point suffit souvent à expliquer pourquoi deux assurés ne paient pas le même montant final pour un modèle proche.
Tiers payant et aide financière individuelle
Lorsque le professionnel est conventionné et que votre dossier le permet, le tiers payant peut éviter d’avancer tout ou partie des frais. Si malgré cela le reste à charge demeure trop élevé, vous pouvez aussi vous renseigner auprès de votre caisse sur une aide financière individuelle. La demande se fait généralement avec un dossier, un devis, les justificatifs de ressources et les éléments médicaux utiles. Cette démarche ne remplace pas le remboursement, mais elle peut aider lorsque le coût reste difficile à absorber.
- Obtenir une prescription avant l’achat.
- Vérifier que le modèle possède un code LPP remboursable.
- Demander un devis détaillé au podo-orthésiste ou au fournisseur.
- Faire confirmer la prise en charge par la CPAM, la MSA et la mutuelle.
- Conserver ordonnance, facture, feuille de soins et éventuel formulaire cerfa 12042*02 si demandé.
En pratique, le meilleur moyen d’éviter une mauvaise surprise est de traiter le remboursement avant la commande, et non après la livraison. Une chaussure bien prescrite, bien codée et bien documentée se rembourse beaucoup plus facilement. Cela vaut autant pour une première paire que pour un renouvellement, surtout quand le prix d’achat est élevé.
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